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Genèse de l’ouvrage

Parfois le passé, cette contrée lointaine, entre en résonnance, dans l’ordre de l’imaginaire, avec la vie réelle de l’auteur. Ma première rencontre avec Florimond de Saint-Denis remonte à l’année 2010 lors d’une recherche sur la réformation des forêts royales du Bourbonnais au XVIIe siècle. Je pensais en avoir terminé avec Florimond mais, malgré le temps qui passait, il resurgissait à l’occasion d’une lecture ou d’un voyage en Touraine, en Anjou.  

La vie du forestier est une immersion presque quotidienne dans la nature, faite d’observations attentives et d’une recherche constante de la compréhension du vivant. Le silence des sous-bois et la contemplation des arbres séculaires qui s’élancent vers la lumière, l’invitent à méditer sur le temps qui passe. Le silence et la beauté de la forêt suscitent émotions et sentiments, qui conduisent très tôt Florimond à se questionner sur le sens à donner à sa vie ou comment vivre une vie bonne, par quoi il faut entendre une vie satisfaisante, honorable et pleinement humaine. Comme chacun de nous, il bute sur les grandes perplexités de l’existence, comment se remettre de la mort de sa jeune mère, de son épouse, comment apprivoiser l’idée de sa propre mort, comment tirer parti de chaque instant en sorte que la vie ne s’épuise pas sans qu’on l’ait goûtée ?

La vie de Florimond se construit autour de rencontres humaines et d’idées, qui, l’accompagnant dans les épreuves vont provoquer en lui de profonds changements. C’est ce chemin parcouru par Florimond que nous faisons revivre entre fiction, philosophie et histoire ; celle d’un homme en quête d’absolu. Nous pensons que Florimond de Saint-Denis incarne à merveille la métamorphose de l’écriture d’une vie en écriture du sens de la vie.

Florimond de Saint-Denis, des arbres, une vie

Saint-Denis-sur-Loire, Juin 1686

C’est la fin du mois de juin en Champagne berrichonne et le temps est magnifique. Les tilleuls en fleurs embaument, les coquelicots, les sainfoins et les bleuets illuminent les blés murissants.

En route vers Saint-Malo, dans une riche voiture armoriée, attelée de quatre robustes chevaux alezans, Sébastien Le Prestre, Marquis de Vauban converse avec François, son secrétaire.

Après une mission d’inspection pour améliorer la navigation dans le canal et le port de Sète, Vauban a regagné les embouchures du Rhône, afin d’étudier les solutions pour relier par canal, les villes de Beaucaire à Aigues-Mortes et d’Arles à Port-de Bouc. La traversée du Massif Central lui a semblé interminable, malgré la beauté des paysages et la fraicheur des forêts. Épuisé mais heureux, il savoure en cet instant l’été et ses parfums fleuris.